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This review also is available in English. Mr. Shatkin's review has been translated into the French by international human resource consultant André Locas.

Richard W. Judy and Carol D'Amico

Workforce 2020
Hudson Institute, 1997

Résumé par
Laurence Shatkin
Proprietor of Verbal Media, LLC, a consulting company that specializes in career information.
Former Development Scientist
Educational Testing Service
E-mail: Laurence@myself.com


Nous subissons quelques fois les séquelles de l'impact d'un premier livre d'une série à cause de son originalité et son à-propos que le suivant reçoit moins d'attention, même si c'est un travail important et méritoire. Cela a été le cas pour Arthur C. Clarke avec les séquelles de 2001: Odyssée de l'espace, j'espère que ce ne sera pas le sort de Workforce 2020, la suite du célèbre Workforce 2000. Ce serait dommage si la publication précédente du Hudson institute portait ombrage à cette publication, parce que ce nouveau livre a un message important à livrer, son style clair, l'abondance de ses tableaux et graphiques couleurs, le sommaire en plan de ses chapitres, et son court format le rendent facile à lire et aident à communiquer efficacement ses idées.

Alors que d'autres écrivains (notamment Lester Thurow et Paul Krugman) se demandent si les grands changements dans le milieu du travail américain sont causés par la rapidité des changements technologiques ou par l'augmentation du commerce international, Judy et D'Amico disent que ces deux forces sont toutes aussi importantes l'une que l'autre. Ils prévoient que le vieillissement de la main d'oeuvre, sa pluralité ethnique, et la déréglementation et la libéralisation, ici et ailleurs, sont les autres forces qui influenceront la main d'oeuvre en 2020.

Ils anticipent une Amérique qui sera plus que jamais intégrée à l'économie mondiale, dans laquelle les nations en développement seront des joueurs encore plus importants. L'augmentation de la déréglementation et de la libéralisation à l'intérieur de leurs frontières et entre elles briseront les monopoles, alimenteront la compétition, et accroîtront à la fois la cadence du développement à l'étranger et la facilité avec laquelle les biens -- et les industries entières -- se déplaceront d'un pays à l'autre.

De plus, Judy et D'Amico se démarque de l'idée courante qui dit que l'industrie manufacturière quitte les rives américaines. Au contraire, ils s'attendent que les produits manufacturés continueront de prendre une plus grande part des exportations américaines, même en dépit de la perte des emplois non-qualifiés et peu rémunérés par l'automation ou vers l'étranger, et généralement l'emploi dans ce secteur manufacturier va décroître, mais ce secteur économique produira plusieurs emplois hautement spécialisés et rémunérés.

Comme exemple, ils prennent le temps de discuter de l'industrie informatique -- un des joueurs les plus dynamiques dans le secteur manufacturier -- qui a envoyé la fabrication des circuits de mémoire outre-mer, mais qui a gardé la fabrication des microprocesseurs au pays, supportant de nombreux travailleurs de haut niveau impliqués dans la conception des circuits, du génie informatique, du génie manufacturier (s'attaquer aux problèmes de produire des minitransistors encore plus petits ), et dans la gestion. Ils dénoncent aussi le protectionnisme que Ross Perrot et Patrick Buchanan ont exprimé durant la dernière campagne présidentielle, mentionnant l'allégation classique du libre-échange qui veut que le protectionnisme résulte en stagnation économique.

Dans leur chapitre sur le travail, la compensation et les occupations, Judy et D'Amico citent plusieurs des tendances familières: brisure des barrières entre les genres, baisse de la sécurité traditionnelle d'emploi, l'essor du travail temporaire, la croissance des télécommunications. Mais ils voient plus loin que la simple manchette et font une analyse plus profonde de ces tendances. Par exemple, ils découvrent que les postes détenus par des hommes ayant quatre années et plus de scolarité collégiale augmenta de 9% entre 1983 et 1991; ils découvrent également que les travailleurs temporaires ne sont pas aussi peu qualifiés, peu éduqués, sans avantages sociaux, pris dans des postes sans issue, ou malheureux qu'on pourrait le croire.

Ils signalent la tendance familière vers la polarisation de la main d'oeuvre entre hauts et bas salariés, avec un déclin des occupations à salaire moyen; cependant ils ont trouvé une évidente et inattendue mobilité ascendante des bas salariés avec peu d'habiletés, d'éducation et de motivation au travail. Ils citent une étude basée sur les remboursements d'impôt sur le revenu qui démontre que seulement 5 pour cent de ceux qui était au bas du dernier quintile de la distribution du revenu en 1975 étaient encore là en 1991. De plus, une majorité de ceux qui étaient dans le dernier quintile se retrouvent dans les trois premiers quintiles... (pp. 61-62).

Ils font également une autre observation qui défie le sens commun, l'éducation n'est pas une garantie de revenus élevés; ils signalent que la moyenne de salaire des diplômés de collège varie grandement avec leur champ de spécialisation. Ici aussi, ils évitent la simplification journalistique en pointant la grande variation des revenus à l'intérieur des groupes de personnes d'une même spécialisation; par exemple, "nous trouvons 20% des graduées en philosophie, religion et théologie avec un revenu supérieur à $47,000 -- même si ce champ d'activité a la plus basse médiane de revenu de tous les participants couvert par l'étude" (p. 69)

Ils attaquent également des hypothèses courantes sur quelles occupations procurent le plus d'em-plois. C'est un lieu commun qu'il y aura moins de postes chez les cols bleus et les cols blancs peu qualifiés; mais alors que la croissance nette dans ces catégories sera faible, le total des ouvertures sera grand à cause du remplacement des travailleurs de la génération des "baby boomers" prenant retraite. La croissance nette des postes professionnels et cadres sera grande, même dans les secteurs industriels tel le domaine manufacturier qui perdra des travailleurs au total. Ils présentent deux tableaux intéressants montrant les 25 occupations croissant le plus rapidement, 1994-2005, et les 25 se rétrécissant le plus rapidement.

Il est intéressant de noter que dans le secteur des soins de la santé, secteur adulé de nos jours, la plus grande partie de la croissance prévue viendra des occupations à demi ou peu spécialisés tel que les services de santé à domicile et les assistants médicaux. Les occupations se rétrécissant rapidement, tels les opérateurs d'ordinateurs et les opérateurs de machines outils coupeurs, sont surtout victime de l'automation. Les auteurs font une analyse intéressante des habiletés requises pour les occupations à croissance rapide, utilisant les cotes d'habileté du Dictionary of Occupation Titles. En dépit de quelques réserves à propos du rafraîchissement de ces cotes d'habileté, la tendance général -- que les occupations à croissance élevée ont tendance à requérir de plus grandes habiletés que les occupations se rétrécissant rapidement -- est probablement vrai.

Leur discussion sur le vieillissement de l'Amérique amène inévitablement la question de la sécurité sociale et de l'assurance-santé, tous deux requérants soit des réductions de bénéfices ou soit des augmentations d'impôt -- deux solutions désagréables. Judy et D'Amico croient que le résultat probant sera une réduction des bénéfices et la retraite remise à plus tard, mais ils indiquent que la meilleure façon de minimiser ces difficultés est d'avoir une économie florissante occasionnant plus de revenus d'impôt et offrant des incitations aux vieux baby boomers pour rester sur le marché du travail.

En effet, notent-ils, la santé de l'économie dépendra en partie sur le maintien de baby boomers heureux et productifs sur le marché du travail et pour plus longtemps que leurs parents. L'horaire flexible et les télécommunications pourraient aider dans ce sens, mais je ne peux m'empêcher de me demander l'influence qu'auront les facteurs sociologiques et culturels. Nous, les boomers, avons fait les choses différemment tout au long des étapes de notre vie. Nous semblons actuellement déployer une grande fierté à faire des choses à des âges plus avancés que la norme antérieure -- i.e., avoir des enfants, courir le marathon, assister à des concerts rocks à 40 et 50 ans -- alors que dans 25 ans nous serons probablement fier d'allonger notre carrière jusqu'à 70 et 80 ans. Évidemment, en faisant cela nous embellirons ce qui est en réalité une nécessité économique.

Au-delà des boomers vieillissants qui sont gardés actifs, une autre source de travailleurs qualifiés sera l'immigration, qui a déjà fournie au pays plusieurs collaborateurs à la dynamique industrie de la micro-informatique. Évidemment, la source principale de travailleurs qualifiés sera les jeunes nés au pays, alors Judy et D'Amico évoquent le besoin d'améliorer l'éducation dans nos écoles primaires et secondaires. Le principal espoir d'amélioration se retrouve dans l'augmentation de la compétition, et ils citent les écoles à charte et les programmes à coupons (quoiqu'il soit trop tôt pour juger de la valeur de ces stratégies).

Ils mettent l'emphase, avec raison, sur le besoin d'assurer que les écoles primaires et secondaires font leur travail d'enseigner les habiletés de base, au lieu de faire porter ce fardeau par les collèges de la communauté et les employeurs. De plus, ils appellent à une meilleure coordination entre les études des jeunes collégiens et les besoins futurs du marché du travail. Bien qu'ils évoquent ce déséquilibre en termes des spécialisations poursuivies par les étudiants, ils soulèvent qu'il est essentiel que les étudiants acquièrent les habiletés nécessaires, indépendamment de leurs majeures. C'est l'implication (non les paroles) dans les collèges, et les écoles secondaires, à donner des conseils sur l'apprentissage des buts plutôt que sur les catégories d'études traditionnelles.

Je n'ai eu qu'un seul problème avec Workforce 2020: La discussion sur la relation entre les majeures collégiaux et les gains à venir a attiré mon attention sur une hypothèse douteuse que les auteurs maintiennent tout le long du livre, c'est-à-dire que les postes les mieux rémunérés sont les plus désirables. Parce que mon expérience est en orientation de carrière (sans mentionner que ma majeure collégiale était en anglais, un de ces champs qui ne promettent probablement pas en terme de salaire), je résiste à l'hypothèse que chacun a les mêmes valeurs à propos du travail, nommément avec le revenu comme priorité numéro un.

En effet, la recherche montre que les valeurs diffèrent grandement, et que le revenu perd de sa suprématie spécifiquement parmi les femmes qui domineront de plus en plus le marché du travail. Néanmoins, je reconnais jusqu'à un certain point, que les postes les mieux rémunérés mentionnés par les auteurs seront aussi ceux qui offriront une plus grande satisfaction des autres valeurs -- prestige, indépendance, variété, leadership, pour en nommer que quelques uns, et incluant ceux qui provoquent une plus grande attirance des femmes, tel l'horaire flexible.

Workforce 2020 est largement le travail d'économistes, et les gens de cette discipline sont partiaux quand ils évaluent la santé d'une nation en calculant son produit national brut, au lieu de calculer (on ne sait trop comment) sa satisfaction nationale brut. Ainsi je me rappelle les mots d'une lecture à l'école secondaire qui définie la science économique comme étant "la poursuite de la satisfaction des besoins humains" (dans les faits, on écrivait "des besoins de l'homme" -- c'était dans les années soixante), mais les économistes ont tendance à utiliser le dollar comme l'étalon de la satisfaction. Les gens en orientation ont un regard d'ensemble plus large.

Bien que Workforce 2020 ne soit pas composé pour être la première lecture des jeunes planifiant leur carrière, il nous donne beaucoup d'informations valables pour ceux d'entre nous qui travaillent en orientation. Il mérite également l'attention des dirigeants, éducateurs, planificateurs ainsi que toute personne qui se préoccupe des forces qui forgent la future économie des États-Unis.

Laurence Shatkin
E-mail: Laurence@myself.com

June 1, 1997

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